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En roue libre ?


Je n’aurai pas réellement envie de revenir en arrière, d’être + jeune. Je me dis que le vrai truc que j’ai perdu de cette période, c’est l’insouciance.
L’insouciance mesurée, hein, évidemment, à mon image, mais une sorte d’évidence. Pour faire les choix, les assumer, évoluer. Ce n’était pas de l’insouciance pure – j’ai toujours finement mesuré les pour et les contre-, mais les choses se faisaient pourtant naturellement. J’avançais. Libre. Par passion.

Je m’ennuie.
Je contrôle moins mes budgets, cela m’ennuie. Je contrôle moins ma vitesse. Je profite moins du temps. Au travail, chaque jour passe très vite, conséquence de l’affairement. Je lève la tête et il fait déjà nuit.
Ce weekend, j’attendais. Je ne profite pas des moments en famille, j’attends. Je laisse le temps passer, et le presse un peu. Comme si tout cela m’était étranger. Quelques points me rendent content, mais ils sont rares, alors j’en profite. Et le reste du temps?

L’insouciance a laissé place au poids des responsabilités. Je sais maintenant. Je sais ce qui peut arriver (aux enfants, au couple, au travail, à la vie). Je connais trop les enjeux, les possibilités. Cela oblige à prendre du recul, à mieux peser les choses. Cela inquiète, et rend tout moins huilé.

Les choses m’intéressant moins, le poids des responsabilités à fuir, alors je me sens en roue libre. A attendre la brise sur mon visage. A attendre.

Voilà, maintenant, c’est dit. Formalisé, extériorisé.
Je peux repartir pour un nouveau cycle, serein.

Catégorie : à nu

Rivière de mots


Un monologue planqué au fin fond d’un morceau. Un torrent brut, et qui pourtant me touche. Fauve, Rag#2.

Rivière de mots / torrent / cours d’eau / murmure / courant / piscine à débordement.
C’est justement ce qu’il me fallait pour le problème dont je t’ai parlé la dernière fois quand je suis né. C’est exactement ce que je cherchais pour mettre en sourdine la petite musique mentale qui fait comme l’horloge atomique. Le carillon qui s’arrête pas.
C’est une bonne chose de faite je suis content. Bon après c’est pas gagné. Mettons pas la charrue avant les bœufs si tu veux bien. Faut encore apprendre à jouer avec les syllabes, les assonances, la fluidité, la respiration, la prononciation, le vocabulaire et tous ces trucs-là. C’est vrai qu’il y a des règles qui existent quand même, c’est pas pour les chiens. T’as été à l’école tu vois très bien de quoi je parle.
Faut aussi de la discipline et même beaucoup. C’est important la discipline, c’est 99 % du boulot à ce qu’on dit. Alors mets-toi à ton clavier sans te poser de questions. Arrête de fumer des cigarettes ou de t’occuper pour faire semblant. Et surtout éloigne-toi d’Internet. De toutes façons je suis sûr que ça fait des trous comme des boules de glace dans les neurones au bout d’un moment ce truc-là.
Et puis tu crois qu’ils faisaient comment les autres ? Ceux que t’admire ? OK il y en a qui étaient complètement maboules. Ils comprenaient rien à ce qui leur coulait du bout des doigts mais ça c’est une exception.
Rivière de mots / torrent / cours d’eau / murmure / courant / piscine à débordement.
Elle est là ta porte de sortie, vieux frère.

Catégorie : à nu

Post-it therapy


Je ne sais pas pourquoi celui-ci en particulier, mais je chérissais ce post-it. Un petit mot parmi tant d’autres, écrit de la main de ma grand mère.
Je l’ai punaisé pour l’avoir là, devant les yeux au quotidien. Et comme pour confirmer
la disparition des choses
, l’encre s’est mise à disparaitre, progressivement. Je m’en doutais, mais je l’ai scanné trop tard.
Tant pis.

Je continue à lire les mots.
Je continue à voir ma grand-mère l’écrire.
Je l’imagine bien le faire en pensant à nous 2.
Je la vois signer pour mon grand père. Je continue à voir tout ça.

 

Catégorie : En ce moment

Le changement de famille


Écrit le 14 Dec 11.

Mon père se rendait compte il y a peu, être devenu l’ancien de la famille, le plus vieux. Lui qui se voyait encore tout jeune en culotte courte, voilà que les choses ont évolué autour de lui, et sa position a changé. Pas lui, sa position.

J’ai constaté également ce type d’évolution, il y a quelques temps. De manière discrète, implicite, j’ai changé de famille. Enfin plus précisément, ceux que je désignais en disant « ma famille « ont changé. Du groupe père-mère-frère-soeur, mes mots désignent désormais ma femme-ma fille, et maintenant mon fils en plus. Sans que je m’en rende compte, cela s’est imposé à moi. Je me dis que les choses évoluent. Pas forcément nous directement, mais notre position au milieu de tout ça.

Catégorie : En ce moment

Le ras-le-bol (lyrics of fury)


C’est peut être la première fois que j’ai un ras le bol de ce niveau. Strictly business. Le niveau où tu pourrais péter un plomb, t’effondrer en réunion en pleurant, ou envoyer tout le monde chier ouvertement. Le niveau où tu as envie de tout plaquer, juste parce qu’ailleurs, cela ne peut être que mieux. Tu n’imagines même pas le contraire. Quels que soient les problèmes de l’autre coté de la barrière.
Il n’y a pas grand monde à blâmer si ce n’est une organisation. Une organisation qui prend le moutons les plus fidèles et courageux, et les amène progressivement à l’échec. J’ai l’impression d’être dans ces stéréotypes de grandes boites anciennement publiques où malgré ta fraicheur et ta volonté de tout améliorer, tu te retrouves à devoir rentrer dans le moule, et à freiner des 4 pieds quand on te parle de changement. Tu ne vois plus ce que tu peux amener mais ce qui t’embêtera le moins. Tout le monde fait comme ça, à quoi bon?
En vrai, l’organisation n’est rien, alors il y a surement des gens à blâmer derrière. Peut être les gens qui laissent faire ça, peut être les gens qui initient ces projets. Peut être moi qui n’ai pas abandonné, mais qui me retrouve + proche du pétage de plombs que de finir ce satané projet. Peut être ceux qui ne voient rien, qui font semblants de ne pas suivre vraiment, qui pensent que cela va s’améliorer tout seul.
Alors cela me pousse ouvertement à passer à autre chose. A tenter autre chose ailleurs. Mais au fond, qui sont les bons, ceux qui restent ou ceux qui partent? Ceux qui endurent et créent leur sillon année après année ou bien ceux qui partent et innovent ailleurs? Ceux qui stagnent ou ceux qui s’en vont? Ceux qui survivent ou ceux qui changent de jeu?

Je suis dans une partie où l’on épuise les gens. On SAIT épuiser les gens. Il y a eu quelques cas isolés, mais en regardant en arrière, ils sont plus nombreux que prévus. En réfléchissant, ils sont moins isolés que prévus. Un fil conducteur. Je ne suis pas loin. Mais je ne suis pas le fil. Je réfléchis et fais tourner mes mains 7 fois au dessus de mon clavier en réfléchissant : non, je ne suis pas le fil.
Mais qui est le fil?

Catégorie : à nu
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La mélopée des autres

La mélopée des autres

Mais parfois, l’entend t-il ?
La mélopée docile,
qui rappelle à sa vie
l’étendue de son coeœur

Catégorie : En ce moment

La sensibilité des autres

La sensibilité des autres

We’re at war with the universe
The sky’s falling
And the only thing that can save us now
Is sensetivity. And compassion

Catégorie : En ce moment
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