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En roue libre ?


Je n’aurai pas réellement envie de revenir en arrière, d’être + jeune. Je me dis que le vrai truc que j’ai perdu de cette période, c’est l’insouciance.
L’insouciance mesurée, hein, évidemment, à mon image, mais une sorte d’évidence. Pour faire les choix, les assumer, évoluer. Ce n’était pas de l’insouciance pure – j’ai toujours finement mesuré les pour et les contre-, mais les choses se faisaient pourtant naturellement. J’avançais. Libre. Par passion.

Je m’ennuie.
Je contrôle moins mes budgets, cela m’ennuie. Je contrôle moins ma vitesse. Je profite moins du temps. Au travail, chaque jour passe très vite, conséquence de l’affairement. Je lève la tête et il fait déjà nuit.
Ce weekend, j’attendais. Je ne profite pas des moments en famille, j’attends. Je laisse le temps passer, et le presse un peu. Comme si tout cela m’était étranger. Quelques points me rendent content, mais ils sont rares, alors j’en profite. Et le reste du temps?

L’insouciance a laissé place au poids des responsabilités. Je sais maintenant. Je sais ce qui peut arriver (aux enfants, au couple, au travail, à la vie). Je connais trop les enjeux, les possibilités. Cela oblige à prendre du recul, à mieux peser les choses. Cela inquiète, et rend tout moins huilé.

Les choses m’intéressant moins, le poids des responsabilités à fuir, alors je me sens en roue libre. A attendre la brise sur mon visage. A attendre.

Voilà, maintenant, c’est dit. Formalisé, extériorisé.
Je peux repartir pour un nouveau cycle, serein.

Catégorie : à nu

La bile noire

La bile noire

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu cette liaison à la mélancolie.

Je cherche loin en arrière, et je me souviens de moments à 7 ou 8 ans, où je ressentais déjà ce sentiment étrange. Évidemment, l’adolescence n’a fait qu’accentuer ce penchant. Au moment où l’on se cherche, où l’on est attiré par tant de choses en se posant tant de questions, le cocon de la mélancolie berce, et protège.

j’me sens tellement bien dans la noirceur, j’me sens dans mon élément.

Il n’a jamais s’agit de tristesse pure, mais plutôt d’un penchant, d’une curiosité pour tout ce qui porte ce cachet, cette beauté, ce tempérament. Cela me procurait un réel bien être. Une arme anti-tristesse bizarrement aussi. J’écoutais Portishead et je me disais qu’elle semblait si triste, je ne pourrai pas l’être davantage.

Au final, tout se faisait simplement. Bon nombre de mes repères se sont construits autour de ce thème, sans que j’en sois réellement conscient. Ce n’est qu’adulte, au détour d’une exposition à Paris sur ce thème précisément, que j’ai compris la réelle signification de tout ça. Que derrière ce mot trop vite perçu négativement, il y avait tout un courant de pensées, tout une schéma artistique, rempli de peintures, d’écrits, de musiques.
Avec du recul, je me rends compte combien cette exposition m’a rassuré, intéressé, décomplexé, gonflé d’estime.

C’est l’art d’être seul même en public
D’entendre trop fort
La lourdeur des choses non dites

Si j’en parle aujourd’hui, c’est que tout ceci est massivement derrière moi. Là encore, je m’en suis rendu compte après coup. Un jour, j’ai regardé ma cicatrice, comme par habitude, et je me suis rendu compte qu’il ne s’agissait plus que de quelques grains de sable sans importance. Alors j’ai soufflé un coup dessus, et tout est parti.

Je sais que tout est lié à la naissance de ma fille. Cette peur que j’avais pour moi, je l’ai expulsée. Plus question d’avoir des doutes quand on est responsable de quelque d’autre. Cela s’est fait simplement.

Alors aujourd’hui encore, je reste attentif à tout ce courant. Je continue à apprécier, à lire, à contempler. De James Blake au ‘Blast’ de Manu Larcenet. Mais j’étudie tout cela en tant que spectateur, sorti de l’arène.

Catégorie : La bile
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